
Mesurer en temps réel le fonctionnement des installations frigorifiques, analyser toutes les données et les mettre à disposition des retailers via une plateforme de pilotage afin d’optimiser le fonctionnement des systèmes. Avec, à la clé, des bénéfices financiers et environnementaux. C’est tout l’enjeu de la solution portée par Climalife et Matelex.
« Si l’on veut vraiment décarboner l’industrie du retail et la grande distribution, il ne faut pas juste regarder le réfrigérant. Il faut, avant tout, comparer les différentes architectures », insiste Delphine Martin, Global Marketing Manager chez Climalife, spécialiste de la thermodynamique et des fluides techniques pour les métiers du froid.
C’est tout le sens de la démarche commune emmenée par Climalife et Matelex (groupe Dehon), ainsi que Solstice Advanced Materials : assurer l’éco-efficacité des systèmes, en garantissant performance, conformité réglementaire, environnement et un coût total de possession optimisé. La solution globale vise, à la fois, à réduire des émissions directes et indirectes des gaz à effet de serre, diminuer les coûts liés à la production de froid et améliorer les performances. « Un des enjeux majeurs à l’avenir, afin de réduire nos émissions, c’est l’énergie : la facture électrique représente plus de 50 % dans un système de froid », rappelle-t-elle.
Choisir la bonne architecture
Afin de décarboner l’ensemble de la chaîne de froid, plusieurs leviers doivent ainsi être actionnés en parallèle. Il faut d’abord choisir la bonne architecture d’installation : système à boucle d’eau, système booster transcritique au CO2, système semi-distribué aux A2L par exemple ou encore des groupes logés… « Nous avons un outil d’éco-efficacité qui permet aux enseignes de comparer les différentes architectures existantes », souligne Delphine Martin. Et c’est nécessaire. De plus en plus sophistiqués, ces systèmes au CO2 pour des petites et moyennes surfaces, souvent présentés comme efficaces, peuvent générer, à terme, des coûts d’exploitation importants. À l’inverse, les systèmes centralisés en détente directe, fonctionnant avec des fluides A2L à faible potentiel de réchauffement global (PRG ou GWP pour Global Warming Potential), sont souvent moins coûteux à l’achat (CapEx) et à l’exploitation (OpEx). Ils sont efficaces en toute saison et leur entretien est simplifié.
Anticiper la substitution des fluides utilisés
Ensuite, il faut comparer ces architectures avec différents fluides frigorigènes. Quel est le fluide le plus adapté à l’architecture choisie ? Est-il en phase avec les exigences réglementaires ? Ce fluide va-t-il être disponible dans les années à venir ? « Afin de décarboner, il faut absolument utiliser des fluides frigorigènes avec un GWP inférieur à 150. De toute façon, la F-Gaz III va l’imposer. Sans compter qu’au 1er janvier 2027, il y aura une réduction des quotas de plus de 50 % en t eq. CO2 », souligne Delphine Martin.
Un autre levier : utiliser des fluides régénérés « qui vont aider la GMS à faire face à cette réduction des quotas, puisqu’ils ne sont pas concernés. En effet, près de 50 % des magasins en France fonctionnent encore avec du R-404A, le fluide régénéré permettra de les maintenir jusquà leur fin de vie. Pour ceux qui sont passés au R-448A ou au R-449A, la disponibilité de ces produits risque d’être impacté avec la baisse drastique des quotas et aujourd’hui la banque de ces produits régénérés est très faible. On peut s’attendre à une hausse de prix, précise-t-elle. Chaque enseigne doit faire un état des lieux de son parc avec l’inventaire des fluides à fort GWP encore utilisés afin de pouvoir convertir les installations vers des fluides à plus faible GWP, là où c’est techniquement faisable, et de mettre en place des programmes de régénération pour maintenir en fonctionnement celles qui ne peuvent être converties. Sous peine de tomber en panne ».
Travailler l’éco-efficacité
Calculer l’éco-efficacité des installations permet de connaître le coût total d’une installation et son impact environnemental global sur la durée de vie du système (émissions directes et indirectes). Cette solution proposée par Climalife et Solstice Advanced Materials sera optimale si on va jusqu’au bout de la démarche en mettant en place une supervision des installations comme le propose Matelex.
Le concept est commun aux trois sociétés. Mais Climalife et Solstice sont plutôt présents sur l’étape une et deux, l’étape trois (mesurer le fonctionnement des installations, l’optimiser via le suivi connecté) concerne plutôt Matelex. Par exemple, PolarBox (nouvelle génération d’équipement IoT qui permet de surveiller jusqu’à 4 centrales sur un même site) équipements de mesure) et PolarVisor (plateforme de suivi à distance) sont des produits Matelex. Globalement, la solution permet une supervision continue des installations, intégrant, en temps réel, la détection automatique des fuites et une surveillance énergétique, tout en s’appuyant sur une plateforme de suivi centralisée à distance, PolarVisor (supervision en mode web app).
Au cours d’une phase d’apprentissage de 7 jours, qui prend notamment en compte les périodes d’affluence en magasin, la PolarBox analyse le fonctionnement normal du système. Elle établit une base de référence qui lui permet de détecter toute anomalie. À l’aide de ses capteurs IoT, elle mesure en continu les données de fonctionnement (température, pression, niveaux de fluide, cycles de fonctionnement des compresseurs, consommations électriques…), les analyse, puis les transmet automatiquement à la plateforme de surveillance en ligne PolarVisor (connexion en 4G à une interface, plus robuste et simple à déployer, afin d’être indépendant du réseau du client). Depuis celle-ci, les utilisateurs (frigoriste, gérant du magasin) peuvent accéder aux données de l’installation à tout moment, recevoir des alertes en cas d’écart de performance, de fuites ou d’anomalies. Ils peuvent ainsi intervenir rapidement afin d’éviter une perte excessive de fluides frigorigènes, les arrêts de production et les ruptures de la chaîne du froid.
La solution bénéficie d’un ROI inférieur à 3 mois pour un coût compris entre 5 000 et 6 000 euros. « Près de 1 200 magasins, dont 95 % en grande distribution, sont connectés à notre interface de pilotage, soit environ 2 500 installations concernées puisque certains points de vente possèdent deux à trois systèmes frigorifiques », explique Marion Lazzarotto, responsable de l’expérience client chez Matelex.
Détection précoce des fuites
La détection précoce des fuites permet d’agir immédiatement, sans attendre les inspections réglementaires. Matelex a surveillé pendant 6 mois six systèmes dans quatre magasins. L’entreprise a également constaté que les fuites étaient détectées, en moyenne, 60 jours avant les méthodes traditionnelles (contrôle tous les 3 mois sur site avec un détecteur portable pour rechercher les fuites), ce qui s’est traduit par une économie allant jusqu’à 79 % sur les pertes de fluides frigorigènes et jusqu’à 20 % de réduction sur les factures d’énergie. La solution permet, aussi, de réduire les coûts liés à la maintenance en évitant les dommages matériels, ainsi qu’une plus grande transparence entre les exploitants et les utilisateurs finaux.
Pour réduire sa facture énergétique, tout comme pour prévenir les pannes, il est conseillé de maintenir un niveau de fluide d’au moins 30 % du volume du réservoir afin d’éviter toute surconsommation (les installations sous chargées consomment plus), mais aussi tout risque d’arrêt de production en cas de fuite. « Or, nous avons constaté que la charge moyenne, sur plus de 2 000 installations, n’est que de 20 %. Quand on sait que le froid représente jusqu’à 50 % de la consommation d’un supermarché ou d’un hypermarché, c’est un indicateur à prendre en compte », souligne Marion Lazzarotto. La facture peut également être réduite en surveillant les moteurs et les compresseurs, en analysant la fréquence de démarrage, le temps de fonctionnement et la dérive énergétique. Autant d’indicateurs qui sont surveillés par la plateforme.
Au-delà de la solution globale, Matelex a également mis en place un simulateur d’impact environnemental afin d’accompagner les enseignes. L’outil, disponible gratuitement en ligne, leur permet « d’estimer à la fois l’impact financier et l’impact carbone de leurs installations en rentrant leurs propres données, en tenant compte du réfrigérant – GWP pour global warming potential ou PRG potentiel de réchauffement global et prix – et du taux de fuite de leurs systèmes de réfrigération », souligne Marion Lazzarotto. Par exemple, pour un supermarché type avec une charge de 380 kg de fluide (R448A) et un taux de fuite de 22 %, l’impact financier est 22 572 € de pertes et l’impact environnemental de 158 tonnes de CO2 émises. Sans compter les coûts de déplacement des techniciens en recherche de fuite, les recharges, la visite de contrôle… « Nos solutions permettent, aussi, d’éviter les déplacements inutiles et de bien préparer, en amont, les interventions puisque chacun a accès à notre interface de pilotage », précise Marion Lazzarotto.
Au final, l’ensemble de ces solutions permettent d’avoir une vision précise et éclairée afin d’optimiser la gestion des installations frigorififiques ou de réfrigération dans une démarche transparente et proactive. « Cette supervision en temps réel part du principe que l’on ne peut pas gérer ce que l’on ne sait pas mesurer. Vous ne pouvez pas conduire une voiture les yeux fermés, sans savoir à quelle vitesse vous allez, ni combien d’essence il vous reste », résume Marion Lazzarotto





















